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Le blog | Réflexions

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mars 21, 2020

Dans la « guerre » contre le coronavirus, nous savons tous que nous manquons de deux armes majeures, le gel hydro-alcoolique et les masques. 

Nous observons aussi sur le territoire français que plusieurs entreprises de cosmétiques, parfumerie, boissons ou de produits chimiques réorientent leurs technologies et leurs outils de production vers la fabrication de gels ou, dans une version un peu dégradée, de solutions hydro-alcooliques. Malgré la diversité de leurs activités d’origine, elles partagent deux caractéristiques communes, d’une part elles appartiennent à des industries de process fortement automatisées et elles sont encore implantées sur le territoire national. Moyennant quelques adaptations de leurs outils et de leurs modes opératoires, elles sont en capacité de relever les défis de cette diversification d’application quelque peu imposée par les turbulences de leur environnement. Mais un autre maillon faible est apparu, les emballages. Les fabricants de produits hydro-alcooliques ont besoin de contenants de diverses tailles pour livrer les points de vente et leurs clients. Ces bouteilles et ces flacons sont généralement en matière plastique et sont fabriqués par des entreprises spécialisées dans l’emballage. Ce secteur n’est pas considéré comme de première nécessité et beaucoup d’entreprises sont aujourd’hui fermées, empêchant ainsi une remise en route rapide de la filière. La fragmentation de la filière engendre la dispersion géographique des métiers et des entreprises, qui ne facilite pas la coordination actions et des acteurs. La notion de filière intégrant les fournisseurs et les clients est vraisemblablement plus pertinente pour appréhender les enjeux de pérennité face à toute évolution brutale et soudaine de l’environnement comme l’est par exemple – mais ce n’est qu’un exemple – la crise sanitaire actuelle.

La situation est encore plus complexe en ce qui concerne les masques. Ils mobilisent plutôt des savoir-faire et des technologies du textile. Or l’industrie textile a été une des premières à se délocaliser fortement en développant de façon quasi systématique un avantage de coût en recherchant les frais de personnel les plus bas possibles. Toutes les filières européennes se sont alors fortement contractées et les bassins de production ont perdu massivement leurs emplois et leurs sites de production. Les savoir-faire et les compétences n’ont pas totalement disparu mais la France tout comme les autres pays européens dans une large mesure, n’est pas en mesure de relancer des productions suffisantes pour faire face aux besoins. Là comme dans nombre de secteurs, nous sommes devenus très fortement dépendant de la Chine et de l’Asie. La mobilisation en urgence de plusieurs dizaines de PME régionales comme les Tissages de Charlieu n’en est que plus méritoire, mais elle montre aussi la plus grande complexité de mise en œuvre rapide et de la nécessité d’une coordination d’autant plus forte que la filière est atomisée. Les clusters, les pôles de compétitivité, les syndicats professionnels, les organismes consulaires et les agences de développement local ou régional figurent parmi les acteurs les mieux placés et les plus naturels pour endosser ce rôle. Leur valeur ajoutée se situe clairement dans l’ingénierie et le pilotage du collaboratif, aujourd’hui dans l’urgence et demain pour accompagner le redémarrage des activités et le développement des entreprises confrontées à des questions clés telles que l’implantation géographique la plus pertinente des différents maillons de la chaine de valeur et / ou le niveau d’intégration le plus pertinent garantir non seulement la qualité et la compétitivité, mais aussi la sécurité des approvisionnements.

Saurons-nous en tirer des conclusions quant à la nécessité de réétudier l’implantation des différents maillons des chaînes de valeur des différents secteurs en intégrant les enjeux d’autonomie et d’indépendance de la filière au même titre que la rentabilité ?




mars 21, 2020

Depuis ces derniers jours et à la faveur du coronavirus si je puis dire, tous les dogmes libéraux volent en éclats. L’orthodoxie budgétaire est jetée aux oubliettes, le déficit supérieur à 100% du PIB est accepté et intégré, la règle des 3% pourtant inscrite avec force discours volontaristes dans la Constitution est effacée des tablettes de la pensée unique régissant le monde. Vilipendé par les libéraux de tous poils, l’Etat providence est clairement invoqué par le Président de la République dans son dernier discours de cette semaine. Lui qui a placé la première moitié de son mandat sous le signe du désengagement de la puissance publique dans tous les domaines cruciaux de la République, à commencer par l’Education et la… Santé ! Dans le même temps, les dirigeants des grandes entreprises tendent la sébile et ne réagissent même pas à d’éventuelles nationalisations salvatrices. A condition d’être temporaires pour sauver les activités et les outils de production. Cette mise entre parenthèses doit permettre aux actionnaires de passer la tempête au moindre coût et de reprendre leur course à la maximisation du profit et aux dividendes lorsque l’accalmie se sera dessinée. Le vieil adage de la nationalisation des pertes et de la privatisation des profits serait-il de nouveau d‘actualité ? 

Certains le souhaitent et œuvrent clairement dans ce sens. Il appartient aux citoyens de s’opposer clairement à un tel scénario d’appauvrissement du pays et de renforcement des inégalités entretenu par les mouvements de spéculation sur des marchés financiers restés ouverts et actifs alors que les entreprises dont ils sont censés financer les investissements et les développements ferment les unes après les autres. 

L’Etat Providence ne doit pas revenir seulement pour panser des plaies, aussi importantes soient-elles. N’invoquons pas l’Etat providence, imposons la puissance publique ! Partie prenante incontournable du développement économique et social de la République française et de l’espace Européen dans son ensemble. La Puissance publique a pour mission d’organiser et de réguler les activités humaines entre les peuples européens et vis-à-vis des autres puissances mondiales, en particulier les Etats Unis et la Chine, qui, plus que leur indépendance, démontrent crise après crise leur repli sur elles-mêmes, leur égoïsme et leur renoncement à l’exercice de toute responsabilité collective face au reste du monde.

Cette crise doit donc être saisie comme une opportunité de reconstruction politique de l’Europe, qui entraînera dans un second temps une mutation des systèmes économiques et des organisations. Rien n’est sûr, mais la crise d’aujourd’hui ouvre de nouveaux champs des possibles pour demain. Saurons-nous collectivement nous en emparer ?




mars 18, 2020

Alors que la France et les pays européens se calfeutrent en ordre dispersé pour freiner la progression du COVID 19 et démontrent les limites et les faiblesses de leurs systèmes de santé respectifs pour soigner tous les patients quel que soit leur profil, la crise économique devient une réalité de plus en plus prégnante. Comme nous l’évoquions le mois dernier, la crise sanitaire précède la crise économique. Contrairement à 2008, la crise économique de 2020 puise ses racines dans un facteur largement exogène au système. 

S’exerçant à grande échelle géographique, cette crise concerne peu ou prou tous les secteurs économiques et sociaux. Affectant tout particulièrement les fonctions de production dans les filières industrielles, elle pénalise aussi les activités de service de proximité et de la vie quotidienne. 

Ces industries de service concentrent une très forte proportion d’entreprises de très petite taille – 0 à 5 salariés – dont les enjeux de survie dépassent largement des enjeux de trésorerie. Etaler ou reporter des charges, des impôts ou des intérêts d’emprunt n’effacent pas les dettes et ne rattrapent pas le chiffre d’affaires perdu. En réduisant ainsi à néant les capacités de production et donc de facturation d’entreprises dont la seule unité de vente est souvent le temps, le confinement généré par le coronavirus, n’attaque pas seulement la trésorerie disponible, mais dégrade la rentabilité métier de chaque entreprise et peut remettre en cause sa pérennité et son existence la Plus les conséquences économiques seront longues et diffuses dans le temps – absence ou forte baisse du chiffre d’affaires dans un premier temps puis redémarrage progressif mais insuffisant pour franchir le seuil de rentabilité, plus la mortalité silencieuse des très petites entreprises sera élevée. Dans les mesures annoncées, rien ne s’apparente à une véritable neutralisation de l’exercice 2020. Est-ce que l’allongement sur 24 ou 36 mois de l’exercice 2020 ne permettrait pas de mieux amortir ce trou d’air ? 

Au-delà des aspects industriels évoqués le mois dernier et économiques abordés ci-dessus, ne faut-il pas voire là un signe avant-coureur supplémentaire d’une crise sociétale ? La lecture de la crise sanitaire et économique n’a rien à voir selon l’angle de vue adopté. Les grandes organisations publiques ou privées se préoccupent de leur trésorerie en privilégiant les mesures court terme d’accompagnement (délais de paiement impôts et taxes, chômage partiel…) pour lisser les effets de la crise et pour rassurer des actionnaires toujours avides de dividendes. Pourquoi ferme-t-on les usines et les sites de production, de vente ou d’entretien en laissant ouvert les marchés financiers plus spéculatifs que jamais ?

Cette divergence de nature et d’intensité d’enjeu entre petites et grandes organisations, entre salariés et indépendants devient visible et va s’approfondir au fur et à mesure que la crise dure. Elle fait apparaître une fracture sociétale entre les « conjoncturels » et les « systémiques». Les premiers rassemblent tous les acteurs – personnes et entreprises – insérés dans différents systèmes d’amortissement économique et social (garanties, étalement, chômage…). La crise et les difficultés seront passagères. Il en va tout autrement pour les seconds qui, pour des raisons de modèle économique et / ou de statut n’ont pas ou que peu accès à ces amortisseurs. Les modèles économiques fondés sur la vente d’unités de temps sont parmi les plus menacés car, par définition, ils ne peuvent pas rattraper les semaines perdues. Tous leurs systèmes de conception, de production, de commercialisation et de gestion sont alors durablement fragilisés. Les « conjoncturels » doivent s’adapter et construire des scénarios de transition tandis que les « systémiques » sont rapidement confrontés à des enjeux de pérennité et de survie. 

Leur vision du monde ne peut pas être la même, leur lecture des évènements ne peut que diverger et leurs attentes ne sont pas comparables. Les premiers veulent des assurances et du temps pour réduire l’impact et étaler les coûts quand les seconds veulent exercer leur métier et survivre. Exclusivement face à eux-mêmes, ils se sentent rapidement isolés, voire exclus d’une société qui se préoccupe en premier lieu des groupes sociaux les plus visibles. 




mars 18, 2020

Alors que la France et les pays européens se calfeutrent en ordre dispersé pour freiner la progression du COVID 19 et démontrent les limites et les faiblesses de leurs systèmes de santé respectifs pour soigner tous les patients quel que soit leur profil, la crise économique devient une réalité de plus en plus prégnante. Comme nous l’évoquions le mois dernier, la crise sanitaire précède la crise économique. Contrairement à 2008, la crise économique de 2020 puise ses racines dans un facteur largement exogène au système. 

S’exerçant à grande échelle géographique, cette crise concerne peu ou prou tous les secteurs économiques et sociaux. Affectant tout particulièrement les fonctions de production dans les filières industrielles, elle pénalise aussi les activités de service de proximité et de la vie quotidienne. 

Ces industries de service concentrent une très forte proportion d’entreprises de très petite taille – 0 à 5 salariés – dont les enjeux de survie dépassent largement des enjeux de trésorerie. Etaler ou reporter des charges, des impôts ou des intérêts d’emprunt n’effacent pas les dettes et ne rattrapent pas le chiffre d’affaires perdu. En réduisant ainsi à néant les capacités de production et donc de facturation d’entreprises dont la seule unité de vente est souvent le temps, le confinement généré par le coronavirus, n’attaque pas seulement la trésorerie disponible, mais dégrade la rentabilité métier de chaque entreprise et peut remettre en cause sa pérennité et son existence la Plus les conséquences économiques seront longues et diffuses dans le temps – absence ou forte baisse du chiffre d’affaires dans un premier temps puis redémarrage progressif mais insuffisant pour franchir le seuil de rentabilité, plus la mortalité silencieuse des très petites entreprises sera élevée. Dans les mesures annoncées, rien ne s’apparente à une véritable neutralisation de l’exercice 2020. Est-ce que l’allongement sur 24 ou 36 mois de l’exercice 2020 ne permettrait pas de mieux amortir ce trou d’air ? 

Au-delà des aspects industriels évoqués le mois dernier et économiques abordés ci-dessus, ne faut-il pas voire là un signe avant-coureur supplémentaire d’une crise sociétale ? La lecture de la crise sanitaire et économique n’a rien à voir selon l’angle de vue adopté. Les grandes organisations publiques ou privées se préoccupent de leur trésorerie en privilégiant les mesures court terme d’accompagnement (délais de paiement impôts et taxes, chômage partiel…) pour lisser les effets de la crise et pour rassurer des actionnaires toujours avides de dividendes. Pourquoi ferme-t-on les usines et les sites de production, de vente ou d’entretien en laissant ouvert les marchés financiers plus spéculatifs que jamais ?

Cette divergence de nature et d’intensité d’enjeu entre petites et grandes organisations, entre salariés et indépendants devient visible et va s’approfondir au fur et à mesure que la crise dure. Elle fait apparaître une fracture sociétale entre les « conjoncturels » et les « systémiques». Les premiers rassemblent tous les acteurs – personnes et entreprises – insérés dans différents systèmes d’amortissement économique et social (garanties, étalement, chômage…). La crise et les difficultés seront passagères. Il en va tout autrement pour les seconds qui, pour des raisons de modèle économique et / ou de statut n’ont pas ou que peu accès à ces amortisseurs. Les modèles économiques fondés sur la vente d’unités de temps sont parmi les plus menacés car, par définition, ils ne peuvent pas rattraper les semaines perdues. Tous leurs systèmes de conception, de production, de commercialisation et de gestion sont alors durablement fragilisés. Les « conjoncturels » doivent s’adapter et construire des scénarios de transition tandis que les « systémiques » sont rapidement confrontés à des enjeux de pérennité et de survie. 

Leur vision du monde ne peut pas être la même, leur lecture des évènements ne peut que diverger et leurs attentes ne sont pas comparables. Les premiers veulent des assurances et du temps pour réduire l’impact et étaler les coûts quand les seconds veulent exercer leur métier et survivre. Exclusivement face à eux-mêmes, ils se sentent rapidement isolés, voire exclus d’une société qui se préoccupe en premier lieu des groupes sociaux les plus visibles. 




févr. 24, 2020

La crise sanitaire liée au coronavirus s’étend progressivement depuis la Chine à tous les continents. Les cas apparus en Afrique et en Europe ces derniers jours en témoignent. Au-delà des aspects purement sanitaires, cette crise montre la fragilité du système libéral mondial qui domine le monde. L’interdépendance des économies ne peut concrètement fonctionner que sur la base d’un système de transport solide et fiable.

Aujourd’hui, les mesures de prévention et de ralentissement de la propagation du virus reposent essentiellement sur le confinement, l’isolement et la réduction drastique des échanges. D’ores et déjà perceptible dans de nombreuses filières, le ralentissement de la production et la mise à l’arrêt d’unités de production en Chine mettent à mal les capacités productives dans le reste du monde et en Europe notamment.

Après avoir promu la Chine comme usine du monde, les investisseurs occidentaux vivent à leurs dépens le poids d’une dépendance excessive et quasi exclusive. L’appât du gain à court terme les a détournés d’une vision plus sécure et plus long terme et, ils ont largement réussi à imposer leurs vues et leurs valeurs aux autorités politiques et à la majorité des citoyens des pays européens. Ils sont aujourd’hui en train de les entraîner dans la prochaine crise économique, qui émerge sur les convulsions et les soubresauts de la crise sanitaire.

Ralentissement et baisse de production en Chine se traduisent aujourd’hui par des difficultés d’approvisionnement de l’Europe en pièces, composants et produits finis. Les perspectives de reprise de livraison sont limitées et la politique minimaliste de stocks, chère aux actionnaires financiers et à leurs comptables ou auditeurs zélés, contribuent à ralentir les économies européennes. Un fabricant Rhône-alpin de gommes ne s’inquiétait-il pas cette semaine de ses difficultés à honorer les commandes de la grande distribution pour les mises en rayon de juin destinées à assurer la prochaine rentrée scolaire de septembre ? Dépendant de son usine en Chine pour une part importante de ses volumes, il ne peut se contenter d’un mode de fonctionnement dégradé.

Evoquée déjà depuis plusieurs mois, la prochaine crise financière et économique ne s’inscrivait pas jusque-là dans un scénario de causes et d’effet très clairs et très crédibles. Les conséquences mécaniques de la crise sanitaire commencent à alimenter le dit scénario. Mais rien n’indique aujourd’hui que les apprentis sorciers que nous sommes tous en tireront des conclusions radicales sur l’organisation de la production, des échanges et des transports de marchandises et de personnes. 

L’enjeu sanitaire double en quelque sorte l’enjeu écologique, mais la peur qu’il est susceptible de générer est décuplée parce qu’elle saisit chaque individu. In fine, il sera peut-être plus efficace pour remettre en cause un système économique mondial néo-libéral dominant et dominateur.




Michel Berthelier s'exprime

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