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Le blog | Réflexions

mai 25, 2020

Alors que le péril sanitaire n’est pas derrière nous, mais qu’il chemine plutôt à côté de nous, le péril économique et social se dessine et prend de plus en plus forme. Certaines grandes entreprises menacent de s’écrouler avec fracas et tendent la sébile avec d’autant plus de force qu’elles ne s’empressent pas pour renoncer aux dividendes, même lorsqu’elles se positionnent comme des entreprises à mission. DANONE aura réussi dans la même semaine à confirmer la distribution de ses profits et son statut d’entreprise à mission. La seule mission qui vaille pour les actionnaires est en fait la distribution de dividendes, quelle que soit la situation économique et sociale. Plus fragiles et moins soutenues, les petites entreprises disparaissent et disparaitront en silence au cours des prochains mois. La situation se dégradera considérablement à partir de septembre 2020 d’abord avec des baisses de carnets de commandes et de plans de charge. Puis les cessations de paiement et les règlements judiciaires suivront au quatrième trimestre et se prolongeront en 2021. La publication des comptes 2020 correspondra à une nouvelle vague de défaillances, parce que les banques, les grands clients et les donneurs d’ordre auront tendance à oublier les évènements actuels et qu’ils retireront leur confiance et leur crédit au prétexte des mauvais résultats 2020. L’allongement exceptionnel des durées d’exercice fiscaux serait une réponse gratuite pour les Finances Publiques qui donnerait un peu de temps au temps pour amortir ce choc. Mais aucun signal en ce sens à ce jour. Moins médiatique que les centaines, voire les milliers de milliards annoncés par les institutions et les gouvernements, mais peut-être plus efficace pour préserver concrètement activités, savoir-faire et emplois !

Comme dans les crises précédentes, l’emploi sera la principale variable d’ajustement selon toute vraisemblance et les mesures de chômage partiel seront suspendues avec la fin des fermetures administratives de sites et les effets d’aubaine ne manqueront pas. Des plans sociaux d’envergure se préparent à la chute d’activité liée ou non au COVID 19 et aux difficultés de la reprise. De nouveau au centre du débat, la question fondamentale de l’emploi aura tendance à occulter des aspects plus qualitatifs comme les conditions de travail et les perspectives d’évolution et de carrière. Les semaines du confinement ont permis d’innover, de tester et d’adopter en vraie grandeur des modalités de travail un peu différentes. Deux scénarios antagonistes se dessinent, d’une part le retour à la norme historique et, d’autre part la normalisation de ces nouveaux modes de travail. Outre les géants du numérique, de grandes entreprises, PSA par exemple, envisagent d’étendre le recours au télétravail, pour des raisons de coût principalement. Il n’est pas certain que l’une ou l’autre l’emporte véritablement, mais l’hétérogénéité va s’installer, accroissant mécaniquement les inégalités et / ou leur perception. Mais que restera-t-il des réflexions, des propositions et même des expérimentations initiées pendant la crise sanitaire une fois que nous serons plongés au cœur d’une récession économique sans précédent depuis la deuxième guerre mondiale et qu’il ne s’agira plus de comparer les avantages de telle ou telle organisation du travail, mais de disposer d’une offre durable de travail pour un maximum de citoyens ? 

Péril sanitaire, péril économique et social, mais aussi péril concurrentiel particulièrement préoccupant à court et moyen termes. En fin de semaine, les représentants des entreprises intermédiaires allemandes – le fameux Mittelstand, pourvoyeur de nombreux leaders mondiaux – s’inquiétaient de la menace chinoise et réclamaient des mesures défensives et dissuasives pour empêcher les entreprises et les investisseurs chinois de faire main basse sur des joyaux de l’industrie allemande. En période de forte récession, de difficultés majeures pour les entreprises, la concurrence s’exacerbe et tous les coups deviennent plus ou moins permis. Que dire alors d’un pays qui a pour finalité la domination du monde et qui modifie les règles du jeu et les modalités des échanges unilatéralement en fonction de ses intérêts tout en ayant de par le caractère totalitaire de son régime une facilité et une rapidité d’intervention sans commune mesure avec les pays démocratiques et libéraux, qui, de surcroit, sont souvent admiratifs et soumis à ce qui devrait être leur ennemi économique ? Uniquement regardée pour sa population et son marché de plus d’un milliard de consommateurs, la Chine est aussi un redoutable prédateur industriel ciblant soigneusement ses acquisitions en fonction de leur contribution technologique aux produits et services de demain. Plusieurs entreprises européennes sont ainsi passées sous contrôle chinois au cours de ces dernières années. Entreprise allemande leader des robots pour l’industrie automobile, KUKA est aujourd’hui chinoise. La multiplication des difficultés et des défaillances des entreprises européennes au cours des prochains mois constitue une formidable source d’opportunités d’expansion et de puissance de marché pour les entreprises et les autorités chinoises, qui ne sont évidemment pas soumis aux mêmes règles de transparence. Les laisser s’emparer de nos fleurons technologiques et industriels serait à minima une faute grave, un renoncement à notre souveraineté et à notre indépendance stratégique. Au-delà de la nécessaire formulation d’interdictions d’agir, l’Europe – Allemagne et France en premier lieu, mais il sera peut-être plus facile d’élargir le consensus que pour créer de la dette européenne – doit se mobiliser autour de quelques concepts stratégiques clairs pour son industrie pour les 10 ans à venir – durée de reconstruction du tissu industriel et des entreprises – à minima :

- Principe général d’interdiction du rachat à plus de 50% d’une entreprise européenne par une entreprise chinoise (ou plus largement extra-européenne). Les exceptions pourront être tolérées une fois épuisées toutes les tentatives à l’échelle européenne. Ceci signifie que les critères et la méthode l’appréciation des positions monopolistiques par la Commission Européenne doit être revue à l’aune de l’intérêt général européen.

- Réciprocité totale des conditions d’accès au marché chinois pour les Européens et européen pour les Chinois. 

- Respect scrupuleux et intégral des règles de propriété industrielle, intellectuelle et des marques sur l’ensemble des territoires concernés.

- Fixation des prix en intégrant le différentiel social et écologique (empreinte carbone des produits rendus chez le client…).

Ceci permettrait d’équilibrer un peu les relations à défaut de pouvoir réaliser le fantasme du marché pur et parfait cher aux Libéraux, et paradoxalement grands admirateurs de l’Empire du Milieu.

Cultivons en priorité notre esprit critique et construisons notre souveraineté économique et sociale européenne pour préserver notre indépendance culturelle.

Alors que le péril sanitaire n’est pas derrière nous, mais qu’il chemine plutôt à côté de nous, le péril économique et social se dessine et prend de plus en plus forme. Certaines grandes entreprises menacent de s’écrouler avec fracas et tendent la sébile avec d’autant plus de force qu’elles ne s’empressent pas pour renoncer aux dividendes, même lorsqu’elles se positionnent comme des entreprises à mission. DANONE aura réussi dans la même semaine à confirmer la distribution de ses profits et son statut d’entreprise à mission. La seule mission qui vaille pour les actionnaires est en fait la distribution de dividendes, quelle que soit la situation économique et sociale. Plus fragiles et moins soutenues, les petites entreprises disparaissent et disparaitront en silence au cours des prochains mois. La situation se dégradera considérablement à partir de septembre 2020 d’abord avec des baisses de carnets de commandes et de plans de charge. Puis les cessations de paiement et les règlements judiciaires suivront au quatrième trimestre et se prolongeront en 2021. La publication des comptes 2020 correspondra à une nouvelle vague de défaillances, parce que les banques, les grands clients et les donneurs d’ordre auront tendance à oublier les évènements actuels et qu’ils retireront leur confiance et leur crédit au prétexte des mauvais résultats 2020. L’allongement exceptionnel des durées d’exercice fiscaux serait une réponse gratuite pour les Finances Publiques qui donnerait un peu de temps au temps pour amortir ce choc. Mais aucun signal en ce sens à ce jour. Moins médiatique que les centaines, voire les milliers de milliards annoncés par les institutions et les gouvernements, mais peut-être plus efficace pour préserver concrètement activités, savoir-faire et emplois !

Comme dans les crises précédentes, l’emploi sera la principale variable d’ajustement selon toute vraisemblance et les mesures de chômage partiel seront suspendues avec la fin des fermetures administratives de sites et les effets d’aubaine ne manqueront pas. Des plans sociaux d’envergure se préparent à la chute d’activité liée ou non au COVID 19 et aux difficultés de la reprise. De nouveau au centre du débat, la question fondamentale de l’emploi aura tendance à occulter des aspects plus qualitatifs comme les conditions de travail et les perspectives d’évolution et de carrière. Les semaines du confinement ont permis d’innover, de tester et d’adopter en vraie grandeur des modalités de travail un peu différentes. Deux scénarios antagonistes se dessinent, d’une part le retour à la norme historique et, d’autre part la normalisation de ces nouveaux modes de travail. Outre les géants du numérique, de grandes entreprises, PSA par exemple, envisagent d’étendre le recours au télétravail, pour des raisons de coût principalement. Il n’est pas certain que l’une ou l’autre l’emporte véritablement, mais l’hétérogénéité va s’installer, accroissant mécaniquement les inégalités et / ou leur perception. Mais que restera-t-il des réflexions, des propositions et même des expérimentations initiées pendant la crise sanitaire une fois que nous serons plongés au cœur d’une récession économique sans précédent depuis la deuxième guerre mondiale et qu’il ne s’agira plus de comparer les avantages de telle ou telle organisation du travail, mais de disposer d’une offre durable de travail pour un maximum de citoyens ? 

Péril sanitaire, péril économique et social, mais aussi péril concurrentiel particulièrement préoccupant à court et moyen termes. En fin de semaine, les représentants des entreprises intermédiaires allemandes – le fameux Mittelstand, pourvoyeur de nombreux leaders mondiaux – s’inquiétaient de la menace chinoise et réclamaient des mesures défensives et dissuasives pour empêcher les entreprises et les investisseurs chinois de faire main basse sur des joyaux de l’industrie allemande. En période de forte récession, de difficultés majeures pour les entreprises, la concurrence s’exacerbe et tous les coups deviennent plus ou moins permis. Que dire alors d’un pays qui a pour finalité la domination du monde et qui modifie les règles du jeu et les modalités des échanges unilatéralement en fonction de ses intérêts tout en ayant de par le caractère totalitaire de son régime une facilité et une rapidité d’intervention sans commune mesure avec les pays démocratiques et libéraux, qui, de surcroit, sont souvent admiratifs et soumis à ce qui devrait être leur ennemi économique ? Uniquement regardée pour sa population et son marché de plus d’un milliard de consommateurs, la Chine est aussi un redoutable prédateur industriel ciblant soigneusement ses acquisitions en fonction de leur contribution technologique aux produits et services de demain. Plusieurs entreprises européennes sont ainsi passées sous contrôle chinois au cours de ces dernières années. Entreprise allemande leader des robots pour l’industrie automobile, KUKA est aujourd’hui chinoise. La multiplication des difficultés et des défaillances des entreprises européennes au cours des prochains mois constitue une formidable source d’opportunités d’expansion et de puissance de marché pour les entreprises et les autorités chinoises, qui ne sont évidemment pas soumis aux mêmes règles de transparence. Les laisser s’emparer de nos fleurons technologiques et industriels serait à minima une faute grave, un renoncement à notre souveraineté et à notre indépendance stratégique. Au-delà de la nécessaire formulation d’interdictions d’agir, l’Europe – Allemagne et France en premier lieu, mais il sera peut-être plus facile d’élargir le consensus que pour créer de la dette européenne – doit se mobiliser autour de quelques concepts stratégiques clairs pour son industrie pour les 10 ans à venir – durée de reconstruction du tissu industriel et des entreprises – à minima :

- Principe général d’interdiction du rachat à plus de 50% d’une entreprise européenne par une entreprise chinoise (ou plus largement extra-européenne). Les exceptions pourront être tolérées une fois épuisées toutes les tentatives à l’échelle européenne. Ceci signifie que les critères et la méthode l’appréciation des positions monopolistiques par la Commission Européenne doit être revue à l’aune de l’intérêt général européen.

- Réciprocité totale des conditions d’accès au marché chinois pour les Européens et européen pour les Chinois. 

- Respect scrupuleux et intégral des règles de propriété industrielle, intellectuelle et des marques sur l’ensemble des territoires concernés.

- Fixation des prix en intégrant le différentiel social et écologique (empreinte carbone des produits rendus chez le client…).

Ceci permettrait d’équilibrer un peu les relations à défaut de pouvoir réaliser le fantasme du marché pur et parfait cher aux Libéraux, et paradoxalement grands admirateurs de l’Empire du Milieu.

Cultivons en priorité notre esprit critique et construisons notre souveraineté économique et sociale européenne pour préserver notre indépendance culturelle.

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